L'île et une nuit de Daniel Maximin: Ecriture d'écriture.
Sabrina Draï
University of Miami

La trilogie de Daniel Maximin comprenant L'isolé soleil, Soufrières et L'île et une nuit présente Marie-Gabriel, orpheline, qui, au travers de l'écriture de son roman familial, est en quête de sa propre identité. Marie-Gabriel est une "antillaise Shéhérazade" qui écrit des histoires, son histoire, pour survivre et qui se retrouve confrontée à elle-même dans L'île et une nuit, lors de cette nuit de cyclone qui dévaste la Guadeloupe à l'extérieur de sa maison familiale. L'intertextualité entre les trois volets de la trilogie, le dialogisme entre les différentes voix narratives à chaque chapitre, contribuent à la créolisation du texte, comme le montre aussi Chris Bongie.1 De plus, dans L'île et une nuit, Maximin réévalue la notion d'écriture ainsi que son rôle d'écrivain en exposant l'impuissance de l'écriture si elle n'est pas d'abord accompagnée d'une libération intérieure, d'une écriture intérieure. En s'inscrivant comme 'invité' dans son texte et en libérant Marie-Gabriel de ses chaînes fictives, Maximin démontre la nécessité de cette quête intérieure—en relation avec le regard intérieur proposé par les créolistes —pour accéder à l'acceptation de soi et à sa libération en tant qu'individu créole et antillais.2

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1. Bongie, Chris. "The (Un)Exploded Volcano: Creolization and Intertextuality in the Novels of Daniel Maximin." Callaloo 17.2 (1994): 627-42.
2. Bernabé, Jean, Patrick Chamoiseau et Raphaël Confiant. Eloge de la Créolité. Mayenne: Gallimard, 1993.