Etude sur l’imaginaire baudelairien du mouvement dans Le Spleen de Paris et Le peintre de la vie moderne.
Adriana Chimu
Harvard University

La poétique expérimentale du Spleen de Paris sera approchée à travers l’analyse d’un imaginaire du mouvement thématisé avec cohérence par le volume. En délimitant et légitimant la nouveauté d’une structure littéraire sui-generis, la dédicace à Arsène Houssaye fait constamment appel à un principe de mouvement, développé à travers divers réseaux métaphoriques. Ces récurrences métaphoriques seront mises en rapport avec un imaginaire similaire du mouvement dans Le Peintre de la vie moderne, texte proche chronologiquement et programmatiquement.
En identifiant la spécialité de ce mouvement imaginatif, nous parviendrons à délimiter plusieurs champs ontologiques parallèlement organisés par un principe similaire de mobilité. Une dynamique particulière, caractérisée par la régularité sinueuse et la discontinuité abrupte, l’eurythmie et la discordance, semblera ainsi régir le monde de la modernité, la subjectivité créatrice, et l’écriture littéraire, qu’un phénomène d’interférence et d’adaptation rendra imaginairement comparables. La poétique innovatrice du volume semblerait ainsi pouvoir se fonder sur la perception d’un rapport ontologique interne, et d’une adéquation imaginaire réciproque de ces trois univers.
Le concept d’une poétique de l’adéquation substantielle introduira finalement une discussion autour d’une certaine esthétique hétérodoxe du réalisme que proposerait implicitement le volume, à l’intérieur du long débat de l’époque autour du concept de "réalisme."